Parution · Alto
DVOŘÁK // Quatuor américain – Quintette à cordes op.97
Quatuor Talich
Ces deux pages miraculeuses sont le prélude à la dernière pièce composée sur le sol étranger, en 1895.
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Spillville est une petite ville de l’Iowa. Dans cette localité, Dvořák compose du 8 au 23 juin 1893 le quatuor à cordes en Fa majeur qui deviendra son plus célèbre opus de musique de chambre. À des milliers de kilomètres de sa patrie, cette partition, comme la Symphonie du Nouveau Monde composée quelques semaines plus tôt, demeurent les seuls liens qui le rattachent à sa Bohême natale. En effet, l’année précédente, Dvořák était arrivé à New York où il avait accepté de prendre la direction du nouveau conservatoire national de musique, répondant ainsi à l’invitation de sa fondatrice, Jeannette Thurber. En Amérique, il est condamné à la découverte d’un continent, ce qu’il entreprend bien modestement sur la côte Est, de 1892 à 1895. Rapidement lassé par le vacarme de New York, il choisit de s’installer au sein de la petite communauté tchèque de Spillville. Loin de sa patrie, il vit les honneurs qui lui sont prodigués comme un exil doré.
Les immenses partitions qui voient le jour durant cette période revêtent un indéniable caractère thérapeutique, qu’il s’agisse du Quatuor opus 96 ou bien du Quintette opus 97. Dans les années 1890, les communautés indiennes et noires sont étrangères les unes aux autres, mais les harmonies et les rythmes nouveaux subjuguent Dvořák. Il les emprunte, les colore, les transforme comme il l’a toujours fait avec les sources folkloriques de sa propre culture d’Europe centrale.
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Quatuor Talich
Le Quatuor Talich, une âme de Bohême…
« Le Conservatoire de l’Europe » … C’est ainsi que l’on nomma, autrefois, la Bohême. Au cœur de l’Europe centrale, un peuple se dédia tout entier à l’art du chant. Au XIXe siècle, lorsque les musiciens tchèques se révélèrent aussi grands compositeurs qu’interprètes, ils donnèrent naissance à un répertoire chargé de traditions, de ces flammes transmises de génération en génération.
Václav Talich, fantastique chef d’orchestre, fut au siècle suivant, l’un des plus éminents artistes des pays danubiens. Jan, le neveu de Talich créa, en 1964, le quatuor à cordes qui porte son nom. En 1975, l’ensemble devint le Quatuor de la Philharmonie Tchèque. Auréolé de cette distinction, il acquit rapidement une reconnaissance internationale. La France devint sa seconde patrie et grâce au label Calliope, il grava quelques-unes des grandes références de la discographie, de Mozart à Janáček. La Dolce Volta a repris le flambeau et poursuit l’aventure qui ne peut s’interrompre.
Depuis un demi-siècle, et bien que les archets aient changé de main, la personnalité de l’ensemble révèle une permanence de styles : expressivité spontanée, délicieuse imprévisibilité des intonations, accentuations justes des rythmes populaires, absolue précision et, tout autant, sensation d’une fragilité miraculeuse. Durant toutes ces années, les Talich sont demeurés les ambassadeurs d’une prodigieuse histoire musicale, nourrie de la mémoire des torrents et châteaux de Bohême, de contes et légendes, des passions du peuple tchèque avant même qu’il ne se constitue en nation, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Multi-récompensés, les enregistrements du Quatuor sont à l’image de leur Second Quatuor “Lettres Intimes” de Janáček : la plus envoûtante des conversations en musique.
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