Parution · Piano
Mozart // Fantaisie, Sonates KV332, 457 – Clementi // Sonate op.34 n°2
Aldo Ciccolini
On le réduit souvent à sa production d’œuvres pédagogiques, mais Clementi est pourtant d’abord une figure majeure de l’histoire de la musique pour piano, que Beethoven tenait d’ailleurs en très haute estime.
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Chère au cœur d’Aldo Ciccolini, la Sonate op. 34 n° 2 figurait depuis longtemps à son répertoire sans qu’il ne l’ait jamais encore enregistrée. C’est désormais chose faite – et de quelle somptueuse manière ! – dans un programme où l’interprète revient par ailleurs à Mozart.
Après un premier volume très remarqué (LDV 03), il a cette fois confié aux micros la Sonate KV 332 et le fameux diptyque formé de la Fantaisie en Ut mineur KV 475 et de la Sonate en Ut mineur KV 457. Par sa richesse expressive et le préromantisme de ses accents, cet ensemble trouve toute sa place à côté de l’étonnante Sonate en sol mineur de Clementi.
« Il ne faut pas être impatient dans la vie ; certaines choses demandent un mûrissement » affirme Aldo Ciccolini.
Plus qu’un disque, un irremplaçable témoignage sur l’art d’une légende vivante du piano. À 87 ans, l’émerveillement et l’appétit de musique du maître sont intacts !
Piano
Aldo Ciccolini
Aldo Ciccolini (1925-2015), esthète et athlète du piano, héritier de la tradition lisztienne, est entré dans l’histoire des monstres sacrés du piano. Ennemi de toute concession, insensible aux jeux de la médiatisation, il envisageait l’art musical comme un sacerdoce, créant néanmoins un lien puissant avec les auditeurs. Son regard d’aigle qui saisissait chaque touche avec une précision incomparable n’avait d’égale que sa puissance de jeu qui en faisait un véritable démiurge du piano.
Napolitain de naissance, naturalisé français à la fin des années 60, premier prix Long-Thibaut en 1949 à l’âge de vingt-quatre ans, des débuts à New York l’année suivante sous la direction de Mitropoulos, une nomination comme professeur au Conservatoire de Paris en 1972, très grand lisztien et virtuose solitaire, Aldo Ciccolini a retrouvé ensuite le chemin des salles de concert et des studios d’enregistrement. Le succès foudroyant que réserve la France à Aldo Ciccolini libéra sa passion pour la musique française, dont il devint un ardent défenseur à travers le monde.
Parallèlement à sa carrière de concertiste, il a été également un accompagnateur très recherché (Elisabeth Schwarzkopf, Renata Scotto et Régine Crespin).
Aldo Ciccolini fut l’un des rares grands maîtres du piano à courir inlassablement les routes et à mener une vie placée sous le signe du mouvement. L’originalité souvent visionnaire de son répertoire, l’alchimie de ses plus intimes recherches l’ont retenu longtemps de dévoiler son interprétation des plus grands compositeurs.
« Tous les jours, je travaille, et parfois même la nuit. J’ai la chance énorme, horrible, d’être insomniaque, pour moi le sommeil est une vue de l’esprit. J’attends le sommeil éternel et, profitant de l’instant, je préfère travailler. »
Virtuose mondialement reconnu, le pianiste français d’origine italienne Aldo Ciccolini, décédé dimanche 1er février à l’âge de 89 ans, aura affiché plus de 60 années d’une carrière toute en finesse et sans esbroufe. Devenu le doyen français des grands maîtres du clavier, il considérait le piano comme un « sacerdoce » quasi religieux.
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